Le foot, depuis toujours.
J'ai commencé le football à 5 ans. Comme beaucoup. Par passion pure, sans calcul, sans objectif. Pendant des années j'ai joué pour le plaisir, avec mes potes, en district. J'ai même eu l'opportunité de tester la préformation du PSG — mais j'ai toujours choisi de rester avec mon équipe, avec mes amis. Le foot, c'était du bonheur. Rien de plus.
À 18 ans, tout a changé.
C'est à 18 ans que j'ai eu le déclic. Pour la première fois, j'ai voulu réaliser mon rêve : devenir joueur professionnel. Alors j'ai pris la décision la plus difficile de ma vie — partir. Direction Los Angeles, seul, à l'autre bout du monde.
Los Angeles. La révélation.
La première année aux États-Unis m'a tout appris. J'ai découvert une vision du football que je ne connaissais pas — l'acharnement, la rigueur, la solitude aussi. Cinq entraînements par semaine, loin de ma famille, loin de tout ce que je connaissais.
Et j'ai adoré ça.
À la fin de cette première année, des propositions arrivent pour jouer en Summer League au Ventura Fusion FC en USL 2. Le rêve commençait à prendre forme.
L'Arizona. Montréal. Le sommet.
La deuxième année, je rejoins un Junior College en Arizona — niveau encore plus élevé, coachs avec des connexions au plus haut niveau.
Puis Montréal. Les Carabins de l'Université de Montréal. Une équipe incroyable, un niveau exceptionnel. Nous terminons finalistes nationaux.
C'était l'un des plus beaux moments de ma vie de footballeur.
Le retour. Le mur.
Mais l'école ne suivait pas. J'ai dû rentrer en France.
Et là, la réalité m'a frappé de plein fouet.
Je voulais retrouver un club. Mais je n'avais aucun contact en France. Les numéros des coachs étaient introuvables. Mon CV sportif français était quasiment vierge — tout ce que j'avais accompli aux États-Unis et au Canada n'existait pas aux yeux du football français.
Je me retrouvais à Paris, sans club, sans réseau, sans solution. Moi qui avais joué finaliste national au Canada quelques mois plus tôt.
Un ami. Une ville. Une prise de conscience.
C'est grâce à un très bon ami que j'ai finalement trouvé un club — à Alès, dans le sud de la France.
Mais cette question ne m'a plus jamais quitté :
Et si je n'avais pas eu cet ami ?
Sans lui, je n'aurais probablement pas retrouvé de club. J'aurais peut-être simplement... arrêté.
Combien de joueurs arrêtent chaque saison, non pas parce qu'ils ne sont pas assez bons, mais parce qu'ils n'ont pas les bonnes connexions ? Pas le bon ami au bon moment.